Meigneux

du latin Magnacum, « domaine de Magnius ».

Le fort de Magnu, installé sur un éperon rocheux dominant l'Auxence, est certainement d'origine protohistorique ; il a ensuite été romanisé. Au IXe siècle, ce fort se situe au bord de la Marche de Champagne, face aux défrichements effectués par les chevaliers de l'ordre de Malte. La seigneurie appartient à l'abbaye de Saint-Pierre-le-Vif de Sens ; devant le succès des libéralités de Villeneuve-les-Bordes, et dans le souci de conserver sa population active, l'abbaye lui accorde une charte de franchise en 1435. Cette seigneurie échoit ensuite au prieuré de Saint-Loup-de-Naud. En 1746, le seigneur ecclésiastique, trop éloigné du lieu de culte, abandonne le service divin de la paroisse de Meigneux à celle de Donnemarie, ce qui lui vaut d'être rattaché à ce canton pendant la Révolution. En 1814, au cours de la Campagne de France, des combats se déroulent dans la commune. Les activités économiques de Meigneux sont essentiellement liées à l'exploitation du bois et sa population se compose en majorité de bûcherons, de charbonniers, de scieurs de long et de cabotiers ; les produits sont transportés sur l'Auxence jusqu'à la Seine. En 1847, les habitants réclament que les droits du bureau de bienfaisance du bourg soient maintenus ; cette cause est soutenue le 1er février 1851 par la section du contentieux du Conseil d'État. Sous le second Empire, le morcellement des propriétés permet une meilleure exploitation des terres ; Meigneux connaît alors une ère de prospérité agricole qui la distingue des autres communes du canton au XIXe siècle. 

Église Notre-Dame-de-Lorette, Meigneux

L'église, édifiée en 1677 sur un plan basilical à trois travées, est bénie le 9 mai 1679 par le curé de Dontilly, doyen rural de Montereau. Elle est agrandie d'un chœur à chevet plat en 1732. Le clocher abrite une cloche fondue en 1858. L'édifice est dédié à Notre-Dame-de-Lorette au moment où la maison de la Sainte-Famille est le plus en vogue.

Le Prieuré, Meigneux

Créée par l'abbaye Saint-Pierre-le-Vif de Sens, cette fondation est concédée au prieuré de Saint-Loup-de-Naud ; elle est ensuite affermée le 6 juin 1786, selon un bail emphytéotique de quatre-vingt-dix-neuf ans, par le prieur commendataire, Alexis-Nicolas Copineau. Le prieuré de Saint-Loup-de-Naud, soutenu par la maison de Blois, trouva à la frontière de la France et du comté de Champagne de quoi défricher la marche et prospérer.